Interview avec Gaffe of A Lifetime

Gaffe of A Lifetime est une jeune producteur de musique électronique, artiste visuel et poète, basé dans le Connecticut. A l’occasion de la sortie de "Gaffe Season 1", son 3ème projet et sa toute 1ère mixtape officielle, j’ai eu l’opportunité de m’entretenir avec lui, afin d’en savoir un peu plus sur l’artiste, mais surtout essayer de cerner son univers musical, que je vous invite à découvrir en textes et musique juste après ceci.

As-tu déjà été interviewé par des blogs ou sites étrangers?

Ceci est en fait la première fois que je suis interviewé, sur quoi que ce soit, par quiconque. Donc, cela est très excitant.

Quelle est l’histoire derrière ton nom Gaffe of A Lifetime ? Te considères-tu comme une erreur?

Je ne pensais pas que la signification derrière ce nom serait si transparente, mais bon, voilà! Gaffe of A Lifetime vient en fait de mon pseudo initial qui s’intitulait A 1995 gaffe.
Pour répondre à la question, je me vois en effet comme une erreur, non pas comme une erreur commise par mes parents, mais plus comme celle de l’univers. Pas malveillant, ni une erreur divine, mais simplement une faute dans le configuartion de l’univers. Parfois, j’ai l’impression que mon existence n’a aucun intérêt. Dans un univers parallèle, je n’existe probablement même pas. Je suis l’erreur que l’univers a donné à cette planète.
C’est sûrement le nom de plume le plus adapté que je puisse me donner…

Qu’en est-il de ton vrai nom? Préfères-tu le dire ou pas?

Mon vrai nom est là, quelque part. Quant à utiliser mon vrai nom, comme nom de scène, voilà un sujet sur lequel j’ai eu à réfléchir en fait. Il y a quelque chose de direct et déclaratif, dans l’usage et la diffusion au reste de la planète, de son vrai nom, que je désire vraiment. Mais au moment où je publiais mes 1ères créations, un surnom semblait pour moi plus adapté par rapport à mes pensées pour la musique et l’art. J’aime l’imagination et l’imprécision tout comme le manque de déterminisme qui découle du fait d’avoir un pseudonyme.
Avec Alexandre Petion, je suis cerné par la réalité, l’angoisse et la responsabilité de mon moi actuel et personnel. Avec Gaffe of Lifetime, il n’y a que la liberté dans le personnage que j’ai construit pour lui.

D’où viens-tu?

Je viens des États-Unis, né à Brooklyn, élevé principalement dans le Connecticut, et mes parents viennent d’Haïti.

Depuis combien de temps fais-tu de la musique? Joues-tu d’un instrument?

Ma première incursion dans la musique s’est faite lors de ma deuxième année à la fac, où je me suis mis à la guitare. Un an plus tard, je me suis lancé dans la musique électronique et j’ai sorti en novice, une mixtape cet été-là, mais sous un pseudonyme différent, dont je préfère ne pas révéler l’identité, mais que vous pouvez toujours trouver sur Internet si vous cherchez. Apprendre à la base la guitare m’a certainement aidé dans la transition qui m’a conduit à faire de la musique électronique.

Quelle est ta principale source d’inspiration? Quels sont les artistes avec qui tu aimerais travailler?

Ma principale source devrait être … moi, et le feu ardent dans ma tête qui me pousse à créer de l’art, de créer quelque chose, comme si ma vie en dépendait. En termes d’inspiration musicale, il y a certainement bien plus qu’une seule personne ou groupe qui me vient à l’esprit qui m’a aidé à orienter mes sensilibites musicales. Beaucoup trop nombreux à citer, le mieux serait que je vous donne le lien vers ma page sur Last.fm.
Kanye West est quelqu’un pour qui je serai prêt à tuer, rien que pour travailler avec. Si je devais choisir une seule personne qui m’inspire musicalement, ce serait lui.

A quoi ressemble une de tes journées en studio ? Fais-tu toute la production toi-même?

Pour moi, bosser sur la musique est généralement synonyme d’ennui, de frustration, et peut être parfois exaltant quand les choses vont dans mon sens. Il n’y a pas de magie dans mon set up. Je fais tout moi-même. Produire est avant tout divertissant mais c’est une forme très concentrée de plaisir.

Que peux-tu nous dire au sujet de ton nouvel EP "Gaffe Season1"? Y a t-il une espèce de message derrière?

"Gaffe Season1" est une collection de titres qui végétait sur mon disque dur depuis un an maintenant. J’ai ressenti la nécessité de les libérer au lieu de les laisser en plan. Aucun de ces titres n’a été vraiment conçu pour faire partie d’un EP cohésif ou d’un album. Voilà pourquoi les seuls thèmes extérieurs qui font le lien dans cet EP sont la langueur, le glitch, le malaise permanent et ces choses qui ne peuvent pas être facilement vu et entièrement disséquées dans la musique. La saison 1 dans le titre est censé vous donner une idée que ceci est la première d’une série de mixtapes, de titres inédits aux tonalités et sons divers que je prévois de sortir à l’avenir. Pour moi, ce projet est une déclaration sonore sur le mécontentement. C’est vraiment mon manifeste et mon point de vue contre le monde!

Ta musique n’est pas facile à classer. Comment la définirais-tu?

C’est très cliché pour les artistes de revendiquer que leur son ne peut être classé ou mis dans une boîte, mais en toute honnêteté, vu que sur l’EP, ça va dans tous les sens, je ne sais même pas quelle étiquette mettre, autre que celle de la musique électronique en général pour qualifier ces 15 titres. Et comme bien souvent tout autre autre forme d’élaboration vire souvent à la prétention, j’aime à croire que ces tracks sont juste expérimentaux, progressistes, glitchy, techno, s’étendant eux-mêmes vers toutes les directions possibles.

Ton EP est accompagné de quelques poèmes. Quand as-tu commencé à écrire tes poèmes? Te considères-tu plus comme un poète qu’un musicien?

J’écris des poèmes depuis un moment maintenant. Ces poèmes en particulier sont venus à la même période pendant laquelle je concevais et organisais la tape. Ce fut donc deux activités très liées, à savoir écrire des poèmes qui allaient avec la musique, tout comme composer les morceaux en fonction des poèmes. Ils étaient censés être indépendants l’un de l’autre, tout en construisant la dimension esthétique du projet en lui-même. Je suis plutôt indulgent avec moi-même quand il s’agit de prendre part à tous les aspects de la création. C’est la raison pour laquelle j’ai d’abord mis ces poèmes en supplément. L’expression pour moi se retrouve ainsi décuplé. J’ai insisté plus sur le visuel que le musical mais ça ne fait pas de moi plus un musicien qu’un poète, encore moins un artiste visuel au détriment du musicien. Tout cela propose la même énergie.

Comment fais-tu pour atteindre ton public en dehors de l’Internet? Est-ce que tu joues en live?

Je ne joue pas en live. Ni dans mon voisinage où faire du live serait plus un avantage ou plutôt un exercice à ma portée. Je ne me sens pas dans l’obligation de le faire surtout que personne ne m’a demandé de venir jouer. J’estime que faire partie d’une communauté en ligne est tout à fait valable que de se produire en live dans le sens où donner sa musique légitime une présence ou une sorte de statut. Vouloir absolument jouer en live pour attirer l’attention ou gagner plus de fans, est selon moi une notion dépassée. Il devrait avoir quelque chose de plus que juste gagner en expérience ou quelque chose dans ce genre pour me pousser à jouer live. Donc, à part donner des copies physiques de mon travail, je n’ai pas de contact avec une quelconque audience en dehors du net.

As-tu des objectifs concernant ta musique ou la poésie? Y at-il une chose que tu souhaiterais accomplir?

Ceci est une grande question ouverte, mais je pense que tout créatif pourrait se retrouver dans cette réponse: je veux juste que mon art puisse être reconnu et apprécié par le plus grand nombre. Assez, pour que je puisse en faire carrière. C’est plutôt simpliste. Je veux dire par là que j’espère être signé bientôt par un label, ou avoir la possibilité de bosser avec Kanye West ou dans le genre. Ce sont ce genre de choses, que j’espère ma musique et ma poésie me permettront d’atteindre. Mais à long terme, la créativité n’a pour moi aucune finalité.
Mais si tu veux une réponse directe, je pense que s’il y a un but ultime à atteindre, ce serait à mon avis l’immortalité. La notoriété, la célébrité. Etre un roi pour 6 ans, un dieu pour l’éternité, pour m’accorder le pouvoir. Je me vois devenir comme la prochaine sensation vivante, pas juste pour ma musique mais pour tout mon art. C’est quelque chose que j’ai planifié et j’espère que ça marchera comme il faut.

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Gaffe of A Lifetime est sur Soundcloud

ENGLISH VERSION

Have you been interviewed by a lot of foreign blogs/websites?

This is actually the first time I’ve been interviewed, on anything, by anyone. So this is pretty exciting!

What is the story behind your name Gaffe of A Lifetime? Do you consider yourself as a mistake?

Didn’t think the meaning behind the name would be that transparent, but yeah. There you go. Gaffe of a Lifetime comes from me initially titling myself as "A 1995 gaffe".
To answer the question, I do see myself as a mistake. Not as a fault derived from my parents, but moreso as derived from the universe. Not a malicious nor a divine mistake, but merely a lapse in the universe’s configuration. Sometimes I feel like my existence is unnecessary add-on. In an alternative universe I probably don’t even exist. I am the mistake that the universe has given to this planet. It feels like the most balanced nom de plume I can ever give myself…

Would you rather not say your real name?

My actual name is out there. But as far as using my real name as my stage name, it’s something I’ve been contemplating about, actually. There’s something direct and declaratory about using your real name and broadcasting it to the rest of the planet that I really desire; but at the time where I was releasing my initial stuff, a moniker felt more suited for me in relation to my thoughts towards the music and art. I like the imagination and vagueness and lack of determinism that funnels out from having a pseudonym.
With Alexandre Petion, I’m weighted by the realness and anxiety and responsibility of my actual and personal self. With Gaffe of a Lifetime, there is only the freedom in the persona I’ve constructed for it.

Where do you come from?

I come from the USA. Born in Brooklyn, raised primarily in Connecticut. And my parents come from Haiti.

How long have you been making music? Do you play any instrument?

My first foray into music was picking up the guitar my sophomore year in high school. A year later I picked up electronic music and released a novice mixtape that summer but under a different pseudonym that I’d rather not reveal that you can still find on the internet if you searched for it. Learning the guitar initially definitely helped in the transition to me making electronic music.

What is your main source of inspiration? Who are the artists you’d like to work with?

My main source would have to be… me, and the burning fire inside my head that compels me to create art, create something, as if my life depends on it. In terms of musical inspiration, there’s definitely more than one singular person/band in mind that have assisted in guiding my musical sensibilities. Too many to name and where listing them off would feel better off if I just gave everyone a link to to my Last.fm.
Kanye West is someone who I’d kill to work with. If I had to choose only one being of musical inspiration, it’d be him.

What is a day in the studio like for you? Are you doing your production all by yourself?

A day for me working on music is usually filled with tedium, frustration, and maybe some glimmer of elation when things go my way. There is no magic in my set up. And it’s all done by me. Producing is fun, above all else but it’s a very concentrated form of fun.

What can you tell us about your new EP "Gaffe season 1"? Was there any kind of statement behind it?

"Gaffe season 1" is a collection of tracks that been marinating on my hard drive for a year now. I felt they needed to be released instead of sitting on the back burner. None of them were really made to be a part of a cohesive EP or album. That’s why the only unifiying exterior themes of this tape are listlessness, glitch, and ruminating discontent and things that can’t readily be seen in the music and dissected througlhy. The "season 1" in the title is suppose to give you an idea that this is the first in a series of mixtapes of unreleased tracks of varying intentions and sounds that I plan on releasing in the future. To me this project is a sonic statement on discontent. It’s a statement of myself, really. And my views against the world

Your music is not easy to categorize. How would you call it?

It’s very cliche for artists to claim their sound can’t be categorized or put in a box, but in honesty I don’t even know what label to put these 15 tracks under, other the generality of electronic music, since everything on here jumps so much. And how any further other elaboration usually veers off into pretention. I like to to think of these tracks as just experimental, progressing, glitchy, techno music stretching itself to many directions as possible.

Your EP comes with some poems. When did you start to write your poems? Do you consider yourself more as a poet than a musician?

I’ve been writing poems for a while. These poems in particular came to fruition around the same time I was constructing and managing the tape. So it was a very side-by-side thing of writing these poems along to the music, and creating songs along to the poems as well. They’re supposed to play off of each other and construct this aesthetic statement about the project itself. I consider myself equally indulged in all of the art I partake in creating. It’s why I attached these poems as a supplement in the first place. Expression to me is tenfold. I’ve put more visible exercising to my musical side, but it doesn’t make me more musician than poet, no more than I’m more a visual artist than musician. It all posits the same power.

How do you reach your audience outside the internet? Do you play live?

I don’t play live. And nowhere in locality is playing live much of an advantage or even an attainable exercise. I don’t feel myself forcing my way into live performance; especially since I haven’t been asked by anyone to come and play. I feel like the online realm is just as valid as live venues in the function of giving your music a presence or some sort of solidification. The insistence to play live in order to garner attention and more fans I feel is a dying notion. There should be something much more than getting the experience and vague descriptions like that to incentive me playing live. I don’t reach an audience outside the internet beyond giving physical copies of my stuff out.

Do you have any goals concerning your music or poetry? Is there any one thing you are looking to achieve?

This is a big, open-ended question, but I think it’s a question that many other people who partake in creativity can relate to in its answer: just wanting my art to be reached and appreciated by as many as people as possible. Enough so that I can make a career out of it. It’s pretty simple. I mean I hope I get signed by a record label soon, or be able to work with Kanye West or something. Those are things I hope my music and poetry can bring me closer and closer to. But long-term, creativity to me has no end goal.
But if you want the ultimate straight answer I guess if there’s any one single goal to achieve I suppose it really has to be immortality. Infamy. Stardom. A king for six years. A god for eternity. To bestow myself power. I see myself becoming a mercurial sensation down the line. Not just for my music, but for all my art. It’s something I’ve been planning and I expect it to work well.

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